Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

Depuis plus de 30 ans, la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois met en œuvre un programme unique et rigoureux consacré à des artistes de renommée internationale, en associant l’art contemporain aux mouvements historiques européens des années 1960.

Pour cette nouvelle édition d’Art Basel Paris, la galerie propose un dialogue entre les générations, avec des chefs-d’œuvre d’artistes néo-réalistes et des œuvres d’artistes contemporains que la galerie soutient depuis longtemps.

Suite au décès récent de Peter Stämpfli, la galerie poursuit sa collaboration avec l’artiste par l’intermédiaire de sa succession. Parallèlement à l’hommage rendu à la galerie de Paris, le stand présente « Champion de luxe n°2 », un pneu monumental exposé à la Biennale de Venise de 1970 et l’une des dernières œuvres de cette envergure encore disponibles.

Son ami de longue date, Jacques Villeglé, dont on célèbre le centenaire à travers deux expositions rétrospectives à la galerie et au musée Carnavalet, est également représenté sur le stand, avec une grande affiche déchirée datant de la fin des années 1990.

Tirée des rues de Paris, elle fait écho à deux œuvres historiques majeures de Daniel Spoerri. Spoerri élève lui aussi le banal et préserve l’éphémère, en fixant les vestiges de ses dîners à thème sur des surfaces verticales. Ce sont les dernières œuvres disponibles issues des dîners de la Galerie J, des pièces rares que l’on ne trouve par ailleurs que dans les collections des musées.

Également liées à cette appropriation radicale d’éléments de la vie quotidienne, les sculptures animées de Jean Tinguely, réalisées à partir d’objets trouvés dans les années 1960, subliment la sobriété austère des déchets industriels récupérés pour en faire des œuvres tantôt dérangeantes, tantôt fantaisistes.

L’œuvre « Summer Time » d’Arman recourt au formalisme minimaliste et à la répétition en lien avec les pratiques matérialistes et les objets produits en série, révélant ainsi une face cachée plus sombre de l’esthétique lisse de la culture de consommation que l’on retrouve dans le Pop Art américain.

Les peintures d’Emanuel Proweller, débordantes de couleurs, de sensualité et de poésie, constituent une réponse rebelle à une vie marquée par les épreuves et l’exil : artiste juif polono-ukrainien, il a survécu à l’Holocauste, à la guerre, à la pauvreté et à la maladie.

Les artistes contemporains représentés par la galerie s’emparent eux aussi des rebuts et des vestiges de la culture de consommation pour en faire un vecteur de réflexion sur la société et l’environnement.

Les mosaïques à grande échelle de Duke Riley intègrent des coquillages et des déchets plastiques, réinventant la traditionnelle « carte de Saint-Valentin du marin » pour mettre en lumière la pollution de nos mers.

Henrique Oliveira construit des sculptures hybrides à partir de bois de récupération, oscillant entre l’animal, le végétal et l’artificiel.

Les montages d’Eulàlia Grau sont des prises de position politiques, opposant des images qui promouvaient la normalisation de la famille nucléaire d’après-guerre et de la vie quotidienne aux dures réalités des conflits contemporains, des dictatures et de l’oppression.

L’œuvre « Correction » de Julien Berthier simplifie le paysage : un panneau de signalisation superflu est retiré, mais une prothèse est construite afin que chaque panneau reste en place, consolidé sur une structure unique. À la fois non autorisée et bienveillante, cette intervention brouille la frontière entre le bien et le mal. L’œuvre se compose du poteau retiré, accompagné d’une photographie « avant/après » de son emplacement d’origine.

Zhenya Machneva utilise la lenteur et la douceur du tissage à la main pour explorer des thèmes contemporains. Fil après fil, ses œuvres patiemment élaborées s’inspirent du paysage industriel désuet de l’ancienne URSS pour créer des motifs chatoyants. Dans « Le nuage dans le ciel bleu », les représentations zoomorphes et mécaniques se confondent, insufflant vie et chaleur à une machine en apparence délabrée : rouages, câbles et charnières métalliques se transforment en yeux, bouches et mandibules.

Les toiles mystérieuses et poétiques de Peybak prennent un sens nouveau dans le contexte géopolitique et social où elles sont réalisées, au cœur des bouleversements de l’Iran contemporain.

L’œuvre de Lucie Picandet est imprégnée de références ésotériques et mystiques, avec une imagerie qui oscille entre le surréel et le fantastique, entre l’entropie et la cosmogonie.

« Plug-in City » d’Alain Bublex, inspiré d’Archigram, présente des paysages urbains dans lesquels des bungalows de chantier ne servent pas seulement à des fins techniques ou industrielles, mais répondent également à des besoins domestiques. Sans plan d’ensemble, les modules prolifèrent et se dispersent sans discernement sur les façades des bâtiments et les monuments.

Les peintures de Pierre Seinturier présentent des scènes énigmatiques qui rappellent les intrigues des bandes dessinées ou le film noir. Ses œuvres récentes encadrent ces images comme si le spectateur regardait à travers une fenêtre, renforçant ainsi le caractère ludique et voyeuriste du récit suggéré.

À travers l’humour et la performance, Pilar Albarracín transforme un objet du quotidien en une exploration puissante des questions de genre, de classe sociale, de travail et d’identité culturelle espagnole. Albarracín a récemment reçu le Prix national des arts visuels 2026 d’Espagne.

PROGRAMME PUBLIC

Niki de Saint Phalle puisait souvent dans sa vie personnelle pour trouver l’inspiration. Entre 1972 et 1993, elle a créé le Jardin du Tarot, un parc de sculptures situé en Toscane qui abrite 22 figures monumentales recouvertes d’une mosaïque aux couleurs vives et chatoyantes. Après s’être installée en Californie dans les années 1990 en raison de problèmes pulmonaires, elle s’est lancée dans un nouveau projet dans le même esprit : le Cercle magique de la reine Califia, son premier jardin américain et son dernier grand projet (entamé en 2000, le jardin a été achevé à titre posthume et ouvert au public le 26 octobre 2003, sous la supervision de la petite-fille de Niki, Bloum Cardenas, et de ses assistants de longue date). S’inspirant de l’histoire californienne, des mythologies amérindiennes, de la culture mésoaméricaine et de l’étude de la flore et de la faune indigènes, le jardin est conçu comme un labyrinthe au centre duquel une grande place accueille une série de totems ornés de mosaïques éclatantes de verre, de miroirs et de coquillages qui capturent des nuances extraordinaires de couleurs et de lumière. Certains de ces totems ont été déclinés en deux versions par Niki en 2000, l’une destinée au jardin, l’autre à un usage intérieur ou extérieur. Le totem « Cat Head », présenté sur l’avenue Winston Churchill, en fait partie.