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Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

Fast and Furious (1969 – 1975)
Peter Stämpfli
36, rue de Seine

Stämpfli, à sa manière, s’est débarrassé de nombreux artifices pour accéder à cette pure forme plastique, ce prétexte à peindre quelque chose. Ce quelque chose a priori insignifiant, il l’explore avec différentes techniques, aussi variées que la mine de plomb, le pastel, l’aquarelle, la peinture vinylique et bien sûr l’huile sur toile. Il en fait aussi des sculptures in situ, de près de 30 mètres de long, comme l’Empreinte de pneu S 155 de 1985. Son pneu, dans le champ de l’art, a « une vie propre, coupée de toute référence au réel, qui pourrait ressembler aux cheminements de la pensée de l’artiste lui-même ».

Qui aurait parié sur le pouvoir catalyseur du pneu comme manifeste de la pratique même de l’art ? Roland Barthes sans doute, qui voyait déjà dans la voiture DS « l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques ». Tout a déjà changé dans nos « Mythologies » depuis 1957… Mais pas le pneu, qui nous maintient sur la route, toujours entre des points qui voyagent pour fabriquer des lignes, entre deux choses à faire, à la recherche d’une nouvelle vie.

Extrait du texte de Gaël Charbau publié dans le catalogue de lʼexposition

Etnografias
Eulàlia Grau
33, rue de Seine

Eulàlia Grau est née en 1946 à Terrassa en Catalogne, dix ans après le début de la guerre civile espagnole, dix ans après l’installation de la dictature de Franco. Elle grandit dans une société autoritaire qui conditionne les pensées et les corps par une idéologie nationaliste, conservatrice, machiste et catholique. En 1972, lorsqu’elle commence la série Etnogra!a, elle est âgée de vingt-six ans – Franco est toujours au pouvoir. L’ensemble apparaît comme une réponse percutante et transgressive d’une jeune artiste qui ne supporte plus le poids de cette autorité multiforme.

Le contexte artistique des années 1960-1970, largement in »uencé par le Pop Art et les bouleversements aussi bien géopolitiques que sociétaux, a amené les historien.nes de l’art à ranger Eulàlia Grau dans la maison du Pop Art. Pourtant, […] elle se reconnaît et s’identi!e davantage à l’héritage dadaïste qui a participé à une remise en cause plastique et politique des systèmes de dominations qui agissent dans toutes les sociétés. […] Ses œuvres s’inscrivent dans un mouvement artistique international régi par une urgence de la contestation, de la désobéissance et de l’opposition radicale.

Extrait du texte de Julie Crenn publié dans le catalogue de lʼexposition