Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

La TEFAF NY 2026 est l’occasion pour la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois de présenter des œuvres majeures allant des années 1960 à nos jours, avec des exemples marquants du Nouveau Réalisme et de l’art contemporain.

Afin de célébrer le centenaire de Jacques Villeglé, la galerie rend un hommage particulier aux Affichistes, dont l’utilisation commune d’affiches déchirées et découpées directement sur les murs de la ville reflète leur ambition d’offrir un nouveau regard sur la réalité du consumérisme, de la culture pop, de l’art et de l’esthétique, telle que l’artiste l’avait théorisée dans les années 1950.

Le regard de Jacques Villeglé est celui d’un archiviste. Ayant commencé à collectionner des affiches dès 1949, des décennies de cette pratique lui ont permis de constituer un véritable fonds documentaire sur l’histoire culturelle, politique, artistique et sociale. Les œuvres exposées montrent des fragments de cette histoire, des aperçus du passé qui prennent un sens nouveau au fil du temps.

La méthode de François Dufrêne, qui utilise des matériaux similaires, s’apparente à l’archéologie. Glanant les mêmes types de fragments d’affiches que Villeglé, il travaille sur des couches de papier superposées accumulées au fil des années, intervenant sur le support et grattant pour remonter vers la surface, la découpant couche par couche, exhumant ainsi les strates fantomatiques d’affiches passées, tandis que l’abstraction, la composition et la perspective se révèlent au sein de cette œuvre fragile et presque sculpturale.

Les affiches de Mimmo Rotella montrent la face cachée de la culture de consommation et de la culture populaire – en se concentrant sur des affiches de cinéma et des publicités marquantes, les qualités graphiques des affiches « Mad Men » des années 1960 sont mises en valeur et transcendées par des lacérations dans une déclaration à la fois subversive et esthétique – un regard européen et critique sur le credo du Pop Art.

« Coucou Bazar » de Raymond Hains est un exemple emblématique tiré d’une série consacrée aux œuvres « Hourloupe » de Jean Dubuffet, datant de 1973. Dans un double jeu mêlant moquerie bienveillante et hommage ironique, il s’approprie les affiches disséminées dans tout Paris pour annoncer l’exposition de Dubuffet au Grand Palais. L’art parodie l’art, et le musée s’invite dans la rue avant de revenir sur la toile et le châssis, créant ainsi un dialogue entre les arts et les artistes.

Les projets caractéristiques de « Store Front » de Christo font écho aux jeux des Affichistes avec les éléments de la rue, le visible et l’invisible, ainsi qu’à l’appétit de consommation typique des années 1960. Christo crée une réplique parfaite d’une devanture de magasin traditionnelle, avec vitrines, boiseries, portes et ouvertures, mais dissimule les marchandises du magasin derrière une toile de fond.

« Tranche de vie de Jeanne d’Arc » est un chef-d’œuvre illustrant la manière dont Arman utilise des objets du quotidien comme matière première pour ses grands gestes artistiques : accumuler, détruire, brûler, fragmenter… Cette œuvre est l’un des premiers et des plus importants exemples de son geste de découpe.

La « Mini Nana Maison » de Niki de Saint Phalle clôt le chapitre « Nouveau Réalisme » du stand, avec une Nana emblématique des années 1960, incarnant les couleurs vives caractéristiques de Niki, ses formes féminines et son rapport ambivalent à la féminité et à la maternité.
Les tableaux d’Emanuel Proweller (1918-1981) abordent eux aussi les thèmes de la féminité et de la masculinité, d’une manière sensuelle et poétique. Ici, un jeune couple est allongé dans un lit, à la lueur de l’aube naissante, dans un instant fugace qui saisit, dans des tons feutrés, ce qui pourrait être une rencontre interdite. Un exemple émouvant de son utilisation de la lumière, de la couleur et de la composition, qui laisse entrevoir une histoire empreinte de mystère.

Enfin, l’œuvre de Duke Riley – qui vit et travaille entre Brooklyn et le bateau sur lequel il navigue – est présentée pour la première fois à la TEFAF New York. Son travail puise ses sources dans les arts traditionnels et populaires des marins. Ici, des dessins grand format sur du papier canari fabriqué par l’artiste évoquent leurs tatouages, tout en intégrant des enjeux contemporains liés à l’écologie et à la préservation, dans des illustrations politiques incisives sur l’actualité.