Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois
Jacques Villeglé aurait eu cent ans cette année ! Afin de célébrer cet événement, la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois lui consacre sa 15ème exposition personnelle sous forme d’une rétrospective et de la première présentation dans ses murs de la série des « Placards de Journaux ».
Cette exposition, sur le thème de la flânerie, vient faire écho à l’exposition qui ouvrira au Musée Carnavalet en octobre prochain et pour laquelle la galerie a étroitement collaboré avec le Fonds de dotation Villeglé, « Paris à l’arraché, Jacques Villeglé et l’art urbain ».
Villeglé a transformé une déambulation dans Paris en une source d’inspiration artistique et un matériau en prélevant sa première affiche. « Quand je prenais une affiche je ne la prenais pas seulement parce qu’elle me plaisait mais parce qu’elle était signifiante », explique-t-il.
Le geste insolent paraît d’une simplicité désarmante : arracher un fragment de papier promis à la disparition et le déplacer dans le champ de l’art. Ce qu’il découvre sur les murs parisiens n’est pas qu’un objet trouvé mais une œuvre collective.
L’exposition, qui entre en dialogue avec celle du musée Carnavalet consacrée simultanément aux liens entre l’artiste et Paris, prend tout son sens dans cette perspective. Car elle ne propose pas une simple rétrospective condensée mais une traversée de cette méthode du regard.
Depuis l’évocation de Pénélope (1950), premier projet cinématographique expérimental réalisé en collaboration avec Raymond Hains, jusqu’aux autoportraits de l’Opération Quimpéroise (2006), en passant par les affiches lacérées (1950-1991), les Ardoises (2000-2007), couvertes de citations, mots d’ordre et désordre réencodés à l’aide de l’alphabet socio-politique créé depuis la rue en 1969, et les Placards de journaux (1976-1983), chacune des séries exposées révèle une manière différente de dé-noyauter la ville comme un immense réservoir de formes déjà produites.


